Poèmes à Lou

Cantate pour chœur mixte, piano et percussions
de Guillaume de Chassy
D’après les Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire

Création 2020
Commande des Eléments, Centre d’Art Vocal d’Occitanie

avec Archipels, l’atelier vocal des éléments,
Joël Suhubiette, direction
Guillaume de Chassy, piano
Pierre Dayraud, percussions
Baloo, création lumières

 

 

Presque 20 ans après la création de Lunes, première cantate jazz autour de laquelle s’était faite la rencontre entre Guillaume de Chassy, Joël Suhubiette et le chœur, Les éléments passent une nouvelle commande à Guillaume de Chassy.

Cette fois-ci, le compositeur-pianiste s’appuie sur un texte magnifique pour lequel il a eu un véritable coup de c(h)oeur : les Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire.
Nous avions envie de partager avec vous quelques clés de ce nouveau projet pour l’atelier vocal des éléments en attendant la création le 14 mars à l’Astrada-Marciac.

 

Une « cantate-jazz » ? 

La cantate jazz est tout simplement l’alliance du chant (cantate, du latin : cantare) – ici du chant choral – et du jazz. C’est tantôt le chœur qui se fait orchestre pour laisser le chant au piano, tantôt le piano et la percussion qui se font accompagnement du chœur. Souvent, c’est un dialogue, un échange où la musique donne toute sa place à la poésie.
Si toutes les parties du chœur sont écrites, celle du piano est tantôt écrite, tantôt improvisée.
Ici, entre chaque pièce chantée, le noir se fait pour laisser place au texte d’Apollinaire en projection et le temps de la lecture est rythmé par un intermède musical improvisé par Guillaume de Chassy au piano et Pierre Dayraud aux percussions. Puis la lumière revient et le chant vient partager toutes les couleurs du texte.

 

Guillaume de Chassy nous parle des « Poèmes à Lou »

« J’ai découvert les Poèmes à Lou à l’occasion d’une création avec des comédiens en 2017. Ces textes de passion éperdue, écrits dans les tranchées de la Grande Guerre, disent la magnificence de l’amour comme les misères de la ligne de front. Ils m’ont touché au point que j’ai souhaité les mettre en musique.
D’Apollinaire, je connaissais déjà la contribution décisive à l’œuvre vocale de Francis Poulenc, pour chœur et voix seule. Au-delà de la puissance lyrique, on trouve dans cette poésie un sens du rythme qui incite naturellement à la mélodie et au mouvement.
Je me suis donc laissé porter par ce flot pour composer ma deuxième cantate en compagnie de Joël Suhubiette et de son chœur Archipels, l’atelier vocal des éléments.
J’ai choisi sept poèmes d’Apollinaire – Mon cœur, La nuit s’achève, Lou, Jamais les crépuscules, Si je mourrais là-bas, Tendres Yeux, Au soleil – et une brève incise en Latin « Et in terra pax hominibus bonae voluntatis ».
La scénarisation musicale fait coexister l’écriture des parties chantées et l’improvisation piano-percussions dans une volonté d’interaction permanente. La part d’imprévu sur laquelle repose l’œuvre imposent donc à tous, chanteurs, chef et musiciens, d’être constamment sur le qui-vive. Et les mots ardents de Guillaume Apollinaire restent des guides infaillibles… »

Découvrir le teaser

Les Poèmes à Lou

Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky – dit Guillaume Apollinaire – est né à Rome en Italie le 26 août 1880 et décédé à Paris le 9 novembre 1918.  Il meurt de la grippe espagnole mais est déclaré mort pour la France en raison de son engagement pour la France lors de la première guerre mondiale. Un éclat d’obus le blesse à la tempe en mars 1916 alors qu’il est dans les tranchées. Il ne s’agit pas ici de décrire la vie d’Apollinaire mais on peut rappeler qu’il est considéré comme l’un des plus grands poètes français du XXème siècle, à qui l’on doit notamment le terme de « surréalisme ». Ami de Max Jacob, de Picasso, de Marie Laurencin, célébré par Cendrars, Cocteau, Breton, Aragon, il sera un défenseur de l’avant-garde en peinture comme en poésie. 

Revenons aux Poèmes à Lou. Alors qu’Alcools vient d’être publié en 1913, un événement majeur survient : la guerre. Il tente de s’engager et entame pour cela la procédure de naturalisation française. En 1914, il rencontre, grâce à un ami, Louise de Coligny-Châtillon dont il s’éprend aussitôt. Commence alors une correspondance enflammée qui durera notamment tout le temps de sa mobilisation à Nîmes. Au dos de chaque lettre figure un poème. Ces poèmes qui reflètent à la fois sa passion pour Lou tout en criant les horreurs de la guerre seront publiés à titre posthume en 1955. Une partie d’entre eux figurent parmi les Calligrammes. La relation avec Lou ne durera pas. Elle se rompt dès 1915 mais leur correspondance se poursuit jusqu’en 1916. Apollinaire a alors rencontré Madeleine Pagès, autre muse épistolaire qui l’accompagnera pendant les mois de guerre. 

 

Apollinaire et la musique 

La poésie d’Apollinaire a côtoyé et inspiré de nombreux musiciens, parmi eux Erik Satie et les compositeurs du groupe des Six, dont plusieurs membres – en premier lieu Francis Poulenc mais aussi Louis Durey, Arthur Honegger et Germaine Tailleferre – mettront ses textes en musique.
Si l’on veut citer quelques exemples, il y a bien sûr, en premier lieu, Francis Poulenc qui a notamment mis en musique Le Bestiaire, Calligrammes, les Sept Chansons. Il a également adapté le drame surréaliste Les Mamelles de Tiresias pour en faire un opéra-bouffe en 1947.
La Symphonie nº 14  de Dmitri Chostakovitch est composée de 11 mouvements chacun correspondant à un poème ; dont six textes d’Apollinaire : Loreley, Le Suicidé,  Les Attentives I, Les Attentives II, À la Santé, Réponse des cosaques zaporogues au sultan de Constantinople.
Plus proche de nous, Olivier Greif, Kaija Saariaho, Régis Campo ont également composé sur des poèmes d’Apollinaire.
Il est donc tout naturel que ces textes aient inspiré Guillaume de Chassy et Joël Suhubiette se fait un plaisir de révéler toute la poésie de chaque syllabe par un travail précis sur la diction bien sûr mais aussi le phrasé, les dynamiques et la précision rythmique. 

 


GUILLAUME DE CHASSY, COMPOSITEUR, PIANISTE

A la croisée du jazz et de la musique classique, le pianiste et compositeur Guillaume de Chassy a créé un univers musical poétique et singulier. Mélodiste et coloriste, son style privilégie la sobriété dans une esthétique sonore raffinée.
Guillaume de Chassy a collaboré avec des personnalités du jazz américain et européen comme Paul Motian, Andy Sheppard, Mark Murphy, Enrico Rava, Lars Danielsson, Paolo Fresu, André Minvielle, Christophe Marguet, David Linx, Emile Parisien, Stéphane Kerecki etc. Parallèlement, il a côtoyé d’éminents musiciens classiques : la pianiste Brigitte Engerer, les chanteurs lyriques Natalie Dessay, Laurent Naouri et Karen Vourc’h et le chef de chœur Joël Suhubiette.
Guillaume de Chassy se produit dans le monde entier au gré de ses multiples projets.
Régulièrement saluée par la presse, sa discographie est le reflet d’une personnalité qui échappe aux classifications et d’une créativité sans cesse en éveil.
Curieux de toute forme artistique, il s’investit également dans des créations alliant texte, images et musique, notamment avec les comédiennes Kristin Scott Thomas (avec laquelle il a enregistré l’album Shakespeare Songs), Vanessa Redgrave et Katja Riemann.

Extraits de presse
«Hors de toute mode, les initiatives de Guillaume de Chassy impressionnent.» Francis Marmande, Le Monde.«Guillaume de Chassy est un gentleman du piano qui s’est constitué une vaste culture et pratique son art avec goût et sensibilité. En trio, il est un maître de distinction (…). Cet homme a du style.» Michel Contat, Télérama.
«D’autres jazzmen bien avant lui ont aussi eu un rapport particulier avec la musique classique, mais lui est à part. Son jeu est une incroyable mosaïque qu’une formation classique n’a jamais bridée. Son piano est constamment en quête de liberté dans l’enfermement et vice versa. Chassy promène SA musique dans toutes LES musiques. Pour mener à bien ce périple, il malaxe un maximum de musiques dans un minimum de notes. Là, sa technique, pourtant impressionnante, s’éclipse devant la musique, omniprésente.» Marc Zisman, Télérama.

 


PIERRE DAYRAUD, BATTEUR, PERCUSSIONNISTE

Dès les années 80, il se produit en tant que guitariste aux cotés de André Minvielle, Sacy Perere, Edja Kungali, Jean Michel Pilc 7tet…
En 1990, il s’oriente vers la batterie et les percussions pour jouer régulièrement avec Elizabeth Kontomanou, le trio et big band de J.M.Pilc, le quartet News avec Stephane Belmondo ainsi que divers concerts ou séances de studio avec : Enrico Rava, Marc Ducret, Guy Lafitte, Richard Bona, Sylvain Luc, Paolo Fresu ou encore Claude Nougaro, Art Mengo…
Parallèlement à ses activités de batteur percussionniste, il travaille en tant que directeur musical dans diverses structures musicales en France et en Afrique (rencontres au Sahel de 1996 à 2000 avec une carte blanche pour une création avec 26 musiciens traditionnels au Burkina Faso).
Se passionnant pour la pédagogie et la transmission orale depuis de nombreuses années, il est aussi responsable du département jazz et musiques improvisées du Conservatoire de Tarbes, ainsi qu’intervenant et coordinateur pédagogique de la formation professionnelle au sein de l’école Music’halle à Toulouse.
Concerts, tournées ou séances de studio avec notamment : Trio Pilc, Jean-Marc Padovani, Julia Miguenes, Claude Barthélémy, Enzo Corman, Lionel Suarez, Rosario Giulianni, Tony Malaby, Ben Monder, Guillaume de Chassy, Othmane Baly, Franck Avitabile…
Il participe à une quarantaine d’albums en tant que batteur ou percussionniste.

 


Archipels, l’atelier vocal des Eléments 

Joël Suhubiette, parallèlement à la direction de son ensemble professionnel Les éléments, s’investit à travers Archipels dans une forme pédagogique dédiée aux étudiants et aux amateurs confirmés , désireux de perfectionner leur pratique du chant. Elèves en musicologie ou des classes de chant des conservatoires peuvent trouver ainsi à expérimenter une pratique de musique d’ensemble exigeante essentielle à leur formation.

Secondé dans cette mission par Claire Suhubiette, professeur de chant choral à l’Université de Toulouse II-Jean Jaurès, Joël Suhubiette anime chaque saison sessions de travail et académies durant lesquelles sont abordées des programmes sous de multiples formes musicales. Chaque atelier proposé offre un travail précis sur un type de répertoire, une ou plusieurs œuvres sous la forme d’un programme court à présenter au public. Archipels est également invité pour des collaborations artistiques. Il travaille ainsi régulièrement avec l’Orchestre de Chambre de Toulouse. Chœur amateur de référence en Occitanie, Archipels est aussi invité pour des événements artistiques d’envergure telle que le spectacle d’inauguration de la Halle de la Machine « Le Gardien du Temple » ou un hommage à Nougaro, place du Capitole.

Archipels « l’atelier vocal des éléments » aura ainsi, ces dix dernières années, sous la direction de Joël Suhubiette, interprété un grand nombre de programmes a cappella d’hier et d’aujourd’hui , se sera associé aux orchestres de la région Occitanie pour chanter l’oratorio baroque et classique, ou encore, élargi en grand chœur symphonique, se sera produit sous la direction de chefs de renom aux cotés de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et de l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam. 

Les projets d’Archipels pourront désormais se développer au sein du Centre d’Art Vocal d’Occitanie pour lequel a été désigné le Chœur de chambre les éléments en collaboration avec l’ARPA pour notre région. 

 

Retrouvez toute l’actualité d’Archipels sur notre site

« Poèmes à Lou » samedi 14 mars 2020 à 21h – Astrada Marciac : réservez vos places !


Pour aller plus loin… 

• Poèmes à Lou : France Culture, Les chemins de la philosophie, émission du 30/08/2018

• Apollinaire et la musique

Guillaume de Chassy 

 


Ecouter…

• Lunes – Guillaume de Chassy, Archipels, l’atelier vocal des éléments

> CD disponible à la vente  sur le site des éléments

> Écouter l’enregistrement sur le site de Guillaume de Chassy